AMITIES

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ENTREPONT  2001
ISBN 978-2 – 914 842 – 00 – 7

L’héroïne, (35 ans, mariée, un enfant) et sa famille s’apprêtent à rejoindre un couple d’amis avec lesquels ils projettent de passer une dizaine de jours de vacances dans une maison de location.
Brusquement, elle ne veut plus partir, saisissant des prétextes pour tenter de différer voire d’annuler carrément ce voyage.

  EXTRAIT :
L’orage menace depuis trois jours. Jeudi à six heures de l’après midi, il éclate brusquement et s’abat sur la campagne, le village, notre maison. Jeudi 27 juillet, nous sommes encore en pleins travaux d’installation. La maison que nous venons d’acquérir, que nous habitons depuis deux mois à peine, est poussiéreuse, mal rangée, nous n’avons pas encore acheté de placards, nos vêtements sont entassés dans des caisses à demi éventrées à force de les ouvrir et de les refermer pour prendre un pull, un gilet ou un pantalon de rechange. Nous sommes habillés de vêtements mal assortis, piochés un peu au hasard et toujours froissés.
La pluie tombe avec fracas. Je suis debout devant la porte-fenêtre du séjour et je guette avec inquiétude les rafales puissantes qui s’écrasent sur la terrasse, la pelouse, les vitres, le toit. Sourdement, l’inquiétude me gagne. J’éteins la télévision, avec tout ce vacarme, je n’entendais plus rien, et je m’interroge. La pluie peut-elle devenir plus violente encore ? Les fenêtres, le toit y résisteront-ils ?

Je connais mal cette maison. Elle n’a pas encore acquis toute ma confiance. C’est face à ce genre d’épreuves justement que l’assurance naît et grandit : orage, gel,grêle, tempête, ouragan. Cette maison a déjà quinze ans, elle a bravé d’autres intempéries sans doute aussi violentes, et elle a résisté sans dommage. Je me répète inlassablement les mêmes phrases pour me rassurer mais, du sous-sol où Olivier s’est posté, un cri m’alerte :

– L’eau entre dans le garage. Et de la boue. À une vitesse folle. Un vrai torrent de montagne.

J’en ai déjà jusqu’aux chevilles. » Il monte l’escalier en courant, quitte ses chaussures, ses chaussettes et traverse le hall pieds nus.

– Et là aussi, il y a de l’eau. Elle vient de l’étage. Regarde.

Il s’exclame, s’affole.

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