Monplaisir, Sans souci: rien ne vaut une vie…

L’Aquarium, Souris grises : Michèle Astrud tisse ses récits avec les fils invisibles qui tirent les destins. On croit que… On dit que… Et puis non, ce n’est pas cela. Pas tout à fait cela. Son nouveau roman adopte la forme de dix-neuf « nouvelles », c’est-à-dire que le lecteur reçoit ou prend des nouvelles de son voisin, de sa collègue, des gens d’en-face. Tous ces gens dont on croit que… Mais non… Ce n’est pas que les récits s’entrecroisent au point de se mêler pour n’en faire qu’un. Ce serait trop facile et la vie n’est jamais facile, ni à vivre, ni à saisir, ni à comprendre. Première étape : la narratrice follement amoureuse dont on finit par découvrir qu’elle l’est de son… appartement. Deuxième étape : la promotion immobilière qui tue les souvenirs et instaure l’indifférence. Et puis, voici cette folle qui à la bibliothèque… Ensuite, cette grand-mère abandonnée, la petite fille à l’anorak rouge, l’ancien collègue qui n’a plus de travail, le trophée de natation volée à l’étudiante, et cette femme qui téléphone à une quasi inconnue pour la supplier de venir à l’enterrement de son mari sans quoi elle serait absolument seule… Une phrase, un rappel, un mot et Michèle Astrud nous fait reconstruire ces vies éparses en elles-mêmes et entre elles. Peu à peu nous nous trouvons au milieu d’existences qui plus que familières nous deviennent intimes. Et dérisoirement belles et précieuses.

Yannick PELLETIER, Ouest-France

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