Le fil orange (1)

Chaque fois que je vois un fil électrique qui traine sur le plancher, j’ai envie de le couper. Surtout lorsque j’entends le vrombissement d’un aspirateur dans la pièce voisine. Ou une tondeuse qui dévore le gazon derrière la haie. A chaque printemps, l’herbe est trop haute et notre jardin reste la dernière jungle du lotissement.tondeuse
Un fil orange court entre les dalles, sur les pavés de l’allée, entre les pots de terre cuite de la terrasse. La tondeuse du voisin hoquette en avalant quelques graviers. Le fil orange s’écrase sous mes pieds. Je sors de ma poche le sécateur aux poignées protégées par des manchons en mousse plastifiée.  Je coupe le fil d’un coup sec. Il faut de la force. J’ai mal aux doigts. Le silence, enfin. Un bourdonnement de chaleur flotte au-dessus de la prairie où butinent les abeilles. La terre humide exhale un parfum de goudron. Le trèfle fleurit déjà. Puis un juron retentit derrière la maison.

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