Train de nuit

train-de-nuit-1C’est dans le train de nuit que je dors le mieux. Dans ce train qui me transporte, à travers les zones industrielles, les sombres banlieues, les villes obscures, les plaines intensivement cultivées, les nœuds autoroutiers, les centres commerciaux, les parkings déserts, les gares de triage, les dépôts pétroliers où veillent les candélabres des torchères, jusqu’à une autre mer, une autre ville, une autre station balnéaire, un autre Casino, une autre chambre peut-être, d’un autre hôtel de luxe où tout pourra recommencer. J’oublie tout, mon nom, mon identité, ma vie passée, elle n’existe déjà plus, elle s’efface de ma mémoire à mesure que je m’éloigne à la vitesse des bielles, des pistons, des essieux, des frottements des pantographes sur les caténaires. Les vêtements, les papiers et les photographies se dispersent en fumée, les visages s’évaporent, les couleurs s’obscurcissent, les images s’estompent, les dernières traces de mon passage s’évanouissent.

Extrait « Vue sur la mer, rouge » Édition DIABASE

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