Je m’endors.

« Dire que je ne peux m’empêcher de dormir la fenêtre ouverte. Les tramways traversent furieusement ma chambre en sonnant. Les automobiles passent par-dessus moi.  Une porte se ferme. Quelque part, une vitre se brise, j’entends le rire des grands débris de verre, le ricanement des petits éclats. Puis soudain, de l’autre côté, à l’intérieur de la maison, un bruit sourd, étouffé. Quelqu’un monte l’escalier. Il arrive, il n’en finit pas d’arriver. Le voilà, il reste longtemps là, il s’en va. Et de nouveau, la rue.  Une fille hurle: Ah! tais-toi, je ne veux plus. Le tramway se rapproche fiévreusement du cri, passe par-dessus, passe par-dessus tout. Quelqu’un appelle. Des gens accourent, se bousculent. Un chien aboie. Quel soulagement: un chien! Vers le matin, on entend même le cri d’un coq et c’est un infini bien-être. Et soudain, je m’endors. »

Rilke ( Les carnets de Malte Laurids Brigge)

Berlin (Août 2012)

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