Les victimes de Louve

Antoine vit désormais seul dans sa grande maison depuis que sa femme est partie pour tenter de mieux gagner sa vie et ainsi subvenir aux besoin de son mari et de leur fille Chloé. Chloé elle-même est enfermée dans un hôpital depuis ses huit ans, soit neuf longues années pour la jeune fille qui a des troubles du comportement et de la mémoire depuis un accident. Mais depuis quelques temps, le monde change. L’eau devient rare, la chaleur étouffe et la plupart des humains deviennent fous, n’ayant plus de but depuis que d’étranges maladies et que la sécheresse et la canicule sont devenus le quotidien de tout le monde. Antoine qui ne s’occupe plus que de photographier ce nouveau monde, prend soin de sa fille qui parfois ne le reconnaît pas et se refuse à l’abandonner et à rejoindre sa femme.
Pourtant, lorsqu’une femme qui fut un grand amour de jeunesse le contacte par le biais de sa secrétaire pour un dernier film et meurt avant de pouvoir mener à bien son projet, Antoine récupère sa fille Chloé et ensemble, ils prennent la route.
Nous entrerons dans la lumière est un roman particulier. Déjà, il est difficile de le classer. Roman de science-fiction ? D’aventure ? Drame ? Il pourrait correspondre à tellement de genre qu’il en devient un ovni littéraire et c’est le genre de roman qu’on adore forcément parce qu’il est différent des autres. Il m’aura fait penser à la route par moment pour ce côté intimiste entre un père et son enfant qui tentent simplement de survivre et de trouver un endroit où vivre en paix. On suit donc le roman via Antoine, ancien professeur qui désormais ne fait plus que survivre, photographier ce qui l’entoure et prendre soin de sa fille. Ce roman m’aura fait passer par tout un stade d’émotions : de l’incompréhension, de la colère, de la tristesse, de l’angoisse. On est à 200 % avec Antoine et Chloé et on espère qu’ils vont parvenir à s’en sortir.
Chroniquer ce roman sera difficile. Difficile parce que je l’ai dévoré en une soirée et qu’il m’aura marqué sans pour autant être un coup de coeur. D’emblée, j’ai aimé le style de l’auteur très imagé, mais en même temps on a la sensation qu’Antoine reste en retrait de tout ce qu’il se passe. Il ne montre pas sa peur ni ses inquiétudes, se focalisant sur la seule chose qu’il peut encore faire : devenir le témoin privilégié d’un monde qui change grâce à son appareil photo. J’aurais aimé le sentir plus dynamique, plus engagé dans la survie et excepté le fait qu’il protège sa fille, il reste tout de même vachement en retrait de tout ce qu’il se passe comme si lui aussi était aveugle face aux événements tragiques. Ce n’est pas un héros ou un homme très fort, prêt à tout pour sauver sa peau. En fait, il reste surtout un père de famille qui se sent seul et qui veut prendre enfin sa fille en charge et rattraper le temps perdu. Mais n’est-ce pas trop tard finalement pour eux ?
C’est vraiment la relation entre Antoine et Chloé qu’on retient de ce roman et non l’univers tout autour. Chloé, cette adolescente qui a subi un traumatisme petite et qui depuis a perdu la tête. On la sent fragile psychologiquement et pourtant elle se montre forte face à cette situation nouvelle pour elle. Il faut sans cesse se rappeler qu’elle n’a que peu de souvenirs de son père et qu’elle semble détester sa mère de l’avoir abandonné dans un hôpital. On ressent très vite une énorme vague d’empathie pour Chloé. Enfant à qui on a brisé la jeunesse et qui se doit de survivre dans un monde violent et dur où la peur des hommes est omniprésente pour elle. Elle se protège des autres et même parfois de son père, entamant avec lui un drôle de voyage pour sauvegarder la mémoire d’une femme qu’elle n’a même pas connu et qui avait su rendre son père heureux autrefois.
C’est un bel éloge à l’amour qui unit un enfant et son père. Une histoire triste et belle à la fois où chacun des deux protagonistes principaux tentent d’apprivoiser l’autre. Ce roman est assez calme, dans le sens où c’est véritablement au niveau psychologique que l’auteur s’est donné le plus, préférant travailler sur deux âmes en peine qui auront besoin l’un de l’autre pour survivre et vivre tout simplement. On a quelques moments plus mouvementés grâce à d’autres groupes de personnes qui l’air de rien montre toute la dangerosité de cette nouvelle ère, mais chaque fois, Chloé tentera de garder l’équilibre précaire de sa santé mentale pour elle et pour son père.
Voilà ce qu’est Nous entrerons dans la lumière. Un roman étonnant, déroutant et maîtrisé du début à la fin. J’ai aimé ce livre, j’ai passé un moment incroyable, et j’espère que d’autres l’apprécieront également. A découvrir !
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