L’atelier de Ramettes

à lire sur: http://ramettes.canalblog.com/archives/2016/01/05/33167481.html

J’ai eu très envie de lire ce roman car j’avais beaucoup aimé l’écriture de « Le jour de l’effondrement ». C’est un roman post-apo, mais si près de nous que cela  en est effrayant. On pourrait se dire que si on continue comme ça on verra se produire les catastrophes annoncées. Mais ce n’est pas un roman moralisateur, Michèle Astrud pose juste son histoire dans un contexte dévasté.

Le réchauffement climatique est tel que des infrastructures sont détruites, le sirocco et les tempêtes viennent balayer les villes. Les gens sont contraints à partir. De nos jour l’immigration climatique existe mais elle est loin de chez nous, on ne réalise pas. Mais dans cette histoire c’est ici à notre porte que commence le désastre.

Nous sommes dans un environnement hostile où les gens ont dû partir laissant derrière eux leurs biens matériels. Mais quelques uns restent dans ce chaos. Pour aller où ? Pour faire quoi ?

Dans cette ambiance, on va suivre un personnage qui se débat avec ses propres démons et sa fille de 17 ans qui va devoir affronter l’extérieur et une nouvelle vie.

On a des effets miroirs dans la narration on a des reflets du passé dans le présent et inversement. On a aussi cette relation père/fille, mémoire/ oubli, intérieur/extérieur, culpabilité/rédemption.

Le futur reste obscur, on est dans la survie dans le présent. L’avenir du narrateur est assombri depuis longtemps.

On est à la croisée des  chemins. Le narrateur vit avec les conséquences des choix passés mais maintenant que sa fille, une adolescente, doit prendre sa vie en main, la vie de son père va être bouleversée. Elle va le forcer à faire tomber la carapace derrière laquelle il se voilait la face.

C’est Chloé, la fille, qui va le mettre au pied du mur et le forcer à ouvrir les yeux et à bouger pour sortir des ténèbres. Mais tout ne va pas aller de soi avec le passif de Chloé.

Le fait qu’Antoine le protagoniste soit un vidéaste/photographe amateur incite le lecteur à regarder au-delà de l’apparence. Reconstruire une réalité. Sa fille lui demande de la regarder directement mais il lui répond qu’il ne peut pas qu’il a besoin du filtre de l’appareil pour vraiment la voir avec le cadre modifié. Le lecteur lui aussi mets les personnages dans ce théâtre de marionnette. Je suis incapable de dire si les personnages sont sympathiques où pas. Ils sont trop dans leur bulle.

C’est un roman sur l’absence, absence de repères, de l’épouse/mère, de l’eau, de moyens, de relations avec les autres, d’informations.

Ce roman me fait penser à une poupée Russe on va de l’infiniment intime – au fond de l’âme du narrateur- à l’infiniment général.

Le côté onirique contribue à comprendre les mécanismes mentaux du narrateur.

Je ne vous parle pas des autres personnages qui vont venir influer dans leur trajet afin de vous laisser des surprises.

J’ai beaucoup aimé aussi l’idée d’immobilité et mobilité … physique ou mentale.

Un roman très riche, qui aborde trop de sujets pour les résumer ici en quelques mots. Michèle Astrud a une belle écriture que j’ai eu plaisir à retrouver. On y retrouve bien l’esprit des Forges de Vulcain et leur niveau d’exigences.

Je remercie les Editions Aux Forges de Vulcain pour leur confiance.

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