Anita Brookner : Regardez-moi

« On considère en général qu’il est indécent de se plaindre de la solitude et qu’il faut s’adresser à des Samaritains professionnels. Mes propres amitiés ont toujours été fortes, mais elles ne me satisfont plus. Je ne recherche pas les amis pour qu’ils me consolent : j’ai horreur de ça. Je suis toujours prête à écouter, et donc pas mal sollicitée mais j’ai dû être paresseuse ces derniers temps. J’ai pris conscience d’un ennui, d’une impatience qu’aucune amitié ordinaire ne peut combler ; seulement une amitié extraordinaire. Je me suis probablement lassée de mon sort et j’ai voulu de toute mes forces en changer. Alors j’écris, je fais beaucoup de longues promenades, je remue des idées, et quand j’ai de la chance celles-ci sortent avec le mordant que je voudrais trouver dans la vie réelle. Il se peut que ce soit précisément le but de l’exercice. Ça ne marche pas toujours à des moments comme le vendredi saint ou dans des endroits comme un hôtel inconnu. Alors le besoin d’une présence, n’importe laquelle, devient énorme… »

Anita Brookner : Regardez-moi

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s